samedi 27 novembre 2010

Émilie Tremblay

Je m'en vais Madeleine.
Au nord du 60e parallèle à 6 000 kilomètres d'ici. On appelle ça le Yukon. Ouais.

La femme que tu vois ici, c'est Émilie Tremblay.
Elle est né au Lac Saint-Jean en 1872 et a été la première femme blanche à traverser le fameux col Chilkoot, situé à la frontière de la Colombie-Britannique et de l'Alaska.

Le col était utilisé par les Indiens Chilkat et plus tard par le personnel de la Compagnie de la baie d'Hudson. Pendant les 3-4 ans de la ruée vers l'or, de 20 mille à 30 mille personnes traversent ce col qui s'élève à 1067 mètres.

Pas vraiment une partie de plaisir traverser le col Chilkoot. Le voyage était long et ardu. Les voyageurs devaient marcher et utiliser des animaux ou des traineaux pour transporter leurs vivres. Bien que les autorités exigeaient que les voyageurs apportent avec eux des provisions pour un an, la faim et la malnutrition étaient un réel problème.

Le froid était un autre adversaire coriace. En montagne l'hiver, les températures montent rarement au-delà de -20 degrés Celsius. Les pionniers pouvaient au mieux compter sur une tente pour passer la nuit.

Émilie elle, traverse le col Chilkoot pour la première fois avant la ruée vers l'or, pendant son... voyage de noces. Malgré les privations et les difficultés du voyage, "après avoir marché, ramé, couché à la belle étoile et sous la pluie, dans de petits campements de fortune ou sous des tentes, sur des lits de branches de sapin, elle ne peut pas dire qu'elle a été malheureuse" (M. Bobillier).

Les tourteraux décident de s'installer dans la région et cette année-là, Émilie envoie des invitations écrites sur écorce de bouleau à tous les mineurs de la région pour les inviter à partager le repas de Noël.

Au menu : lapins farcis, rôti de caribou, haricots bruns bouillis, sardines du Roi Oscar, pommes de terre évaporées, beurre et pain sourdough, pouding aux prunes et gâteau. La table est recouverte d'une jupe découpée qui sert de nappe, mais chaque invité doit apporter ses ustensiles.

Au printemps, elle et son mari font un jardin sur le toit de leur cabane et récoltent radis et laitues à profusion. La pente du toit permet un bon drainage et la chaleur et les longues heures d'ensoleillement favorisent la croissance du potager.

Ainsi allait la vie des femmes blanches du Nord. Seules dans le silence. Dans des conditions extrêmes et étrangères à tout ce qu'elles connaissaient, elles avaient la mission de garder le foyer et de maintenir vivantes les conventions et les rites de leur culture.


Je dormirai à l'hôtel, mangerai au restaurant et ce sera en avion que je travserserai le col Chilkoot. Quand même, pendant une semaine, je serai tout là haut à marcher là où elles ont marché et je m'imaginerais être l'une d'entres elles.

Alors je m'en vais. Garde le blogue au chaud Madeleine, je vais essayer de faire la même chose de mon côté...

1 commentaire:

Melissa a dit…

Un bijou cette page d'histoire. Tu as su piquer ma curiosité et j'ai fait quelques recherches sur cette grande Dame du nord. J'aurais adoré goûter à ses sardines du Roi Oscar tout en parlant de son fascinant parcours.

Bon voyage Annie.

Melissa